Bon certes j'exagère certainement, mais je dois avouer que ces 5 derniers jours dans la région de Mendoza ont été extraordinaires, d'autant plus que ce matin, retour à Buenos Aires, il fait super moche, et il a plu des cordes au moins la moitié de la journée, je suis arrivée à l'Université plus trempée que si je m'étais jetée dans le Rio de la Plata.
A peine arrivée à Mendoza après ma nuit de bus, 14h pour être exacte (heureusement que ce sont des supers bus avec sièges super confort super inclinables, dîner à bord et tout le tralala), que Pierre m'annonce qu'on part toute la journée pour de la rando à cheval; moralité j'ai eu à peine 10 minutes pour me prendre une douche mais bon...
La rando a été géniale, sauf qu'évidemment andouille que je suis j'avais oublié de me mettre de la crême solaire et je me suis retrouvée avec une teinte légèrement écrevisse certes très originale mais moyennement esthétique. Heureusement ça n'a touché que les épaules et le cou. Au passage j'ai eu droit à ma première rencontre avec un lama, qui m'a très gentiment mais sûrement craché dessus, ainsi que Pierre, comme quoi Tintin parfois ça a du vrai...


La rando terminée, nous voilà repartis dans Mendoza pour trouver un départ de treking dans le Parc National de l'Aconcagua le dimanche, soit le lendemain. Ca a beau être une des activités phares de la région, on a eu un peu de mal. Après moults efforts nous avons enfin trouvé notre bonheur en l'organisateur Xperience Aconcagua, avec des duvets qui nous attendraient au campement, que demander de plus ?? J'ai juste eu a louer un coupe-vent et hop nous voilà de retour à l'hostel pour un petit asado. Je dois avouer que je n'ai que moyennement profité de la soirée vu que rando + coups de soleil m'avaient complêtement crevé, et qu'il fallait être d'attaque pour le lendemain.
Le lendemain matin donc, départ pour Horcones, l'entrée du Parc National de l'Aconcagua , à environ 180km de Mendoza en allant vers le Chili. Nous sommes seulement 3 pour le trek: une Argentine: Ines, Pierre et moi. Nous rencontrons notre guide, Pablo, à Horcones. Plutôt bonne première impression, qui se confirmera d'ailleurs, c'était un petit rigolo, on s'est bien marrés. Enfin le petit rigolo est quand même déjà monté 15 fois au sommet de l'Aconcagua, soit à 6959m, donc respect.
Plus d'infos sur l'Aconcagua: http://fr.wikipedia.org/wiki/Aconcagua
Départ vers 13h de Horcones, direction Confluencia, le camp de base, à 3300m d'altitude. Nous arrivons après presque 4h de montée et au moins 4 ou 5 convois de mules croisés. Et oui ce sont les mules qui transportent tout le matériel des campements, et là comme la fin de la saison est proche, les organismes démontent leurs structures et les mules ne manquent pas de bouleau ! Le campement est génial, vu ce à quoi on peut s'attendre dans de telles conditions, le cadre est absolument magnifique. Nous dormons tous dans un dôme, et un autre sert de salle à manger. D'ailleurs un super goûter nous attendait à l'arrivée, avec plein de fruits, des gâteaux, et des jus de fruits relativement immondes (surtout un rose fluo) parce que probablement issus de dillution de poudres type Banga à la grande époque.
Incroyable mais vrai, il y a une douche là haut ! Bon d'accord ça n'est guère qu'un gros filet d'eau, mais encore une fois, vu l'endroit où l'on se trouve, c'est un luxe !
Autre point que je n'ai pas souligné pour l'instant: la météo. En gros, on a eu une chance de cocus (moi je suis célibataire alors ça vient pas de moi à l'évidence...): il a fait un temps magnifique, pas un nuage, quasiment pas de vent, chaud...parfait alors que les trois semaines précedentes il avait fait un temps pourri d'après le guide.
Enfin autre bonne surprise de la soirée: le cuisinier est génial. J'ai eu droit à mon meilleur repas depuis mon arrivée en Argentine là haut !

Le lendemain matin, après un super petit dej au soleil, nous voilà partis direction Plaza Francia, ainsi dénommée car ce sont des Français qui les premiers ont fait l'ascension de l'Aconcagua par le Sud, aujourd'hui appelée Ruta Francesa, extrêmement difficile.
Dans les faits nous ne sommes pas allés jusqu'à Plaza Francia, mais jusqu'au Mirador qui est quand même à presque 4100m d'altitude, point idéal pour avoir la vue tant sur le glacier que sur les 3000 d'Aconcagua qui se dressent encore devant nous. Les paysages deviennent quasiment lunaires à certains endroits. L' Aconcagua apparait petit à petit au fur et à mesure de la montée et la vue d'ensemble depuis el Mirador est vraiment spectaculaire.

Pierre m'a fait poser sur la moitié des photos qu'il prenait, ce qui m'a vallu quelques plaisanteries de la part de Pablo, qui disait que j'étais une "conejita" de Playboy (conejo = lapin, je vous laisse deviner...), le titre m'est resté jusqu'au retour à Mendoza :-))
Après le picnic au Mirador, retour à Confluencia pour la 2e nuit, nous y avons trouvé de nouveaux compagnons de dôme: une italienne, deux étudiants américains et un couple danois (qui parlaient fort mal anglais vu la référence que j'avais pour le Danemark). Ca a donc été un dîner international, tantôt en anglais, tantôt en espagnol, en bref assez marrant.
Pour finir en beauté, Pablo et Carlos (le cuisinier), ont proposé un petit trek nocturne pour aller voir des cascades proches de Confluencia. Après quelques hésitations dûes à des facteurs thermiques , je me suis finalement décidée à y aller, sans regrets. L'aspect lunaire du paysage était accentué par l'obscurité et le fait d'être éclairé justement uniquement par la lueur de la Lune. Nous avons même pu nous glisser dans un trou de rocher se situant derrière la cascade, et c'est assez curieux de voir le "verso" d'un cascade. De retour au camp de base nous nous sommes accordés en petit commité (juste le groupe d'origine avec Pablo et Carlos, pas les nouveaux de la 2e nuit) une petite projection au chaud dans la cuisine, car Pierre s'est traîné son ordi portable tout le temps ! Manifestement la température a monté entre Ines et Carlos ce soir-là, et Pierre et moi-même ne sommes pas sûrs qu'elle ait passé la nuit dans le même dôme que nous....On peut comprendre qu'elle ait eu envie de se réchauffer, car il faisait un petit peu plus froid que la nuit précédente ;-)) (ce qui est vrai, dans les faits la température est descendue entre 3° et 5° cette nuit-là) !
Le lendemain, retour à Horcones avec une bonne heure de retard sur l'horaire initialement prévu, ce qui avait à l'évidence contrarié le chauffeur qui nous attendait...Nous nous arrêtons au niveau du Puente del Inca pour déjeuner, le traditionnel hamburger du retour d'après Pablo, bien meilleur qu'au McDo d'ailleurs ! On en profite évidemment pour aller prendre quelques photos du Puente del Inca, formation géologique semi-naturelle. Il y a des sources d'eau chaude à proximité (JX peut en témoigner), malheureusement l'accès y est désormais fermé, depuis 2005.

Nous aurions dû être arrivés à Mendoza vers 16h, mais nous avions déjà eu beaucoup trop de chance. Nous sommes en effet restés bloqués 2 bonnes heures sur la route (à peine une petite dizaines de km après le Puente) car un camion qui transportait une poudre fort similaire à de la farine avait renversé une bonne partie de sa cargaison sur la voie, bloquant la circulation dans les deux sens. Nous sommes donc arrivés à Mendoza à quasiment 19h30...
Enfin pour le dernier jour à Mendoza, on ne pouvait pas faire l'impasse sur une viste de bodega (Pierre n'était pas super chaud mais je l'aurais probablement mal pris si on en avait pas fait). Nous avons donc pris le bus jusqu'à Maipu, pour visiter une bodega avec des vignes attenantes, ce qui n'est plus le cas pour les bodegas de Mendoza intra-muros, l'extension de la ville ayant provoqué la relocalisation des vignes.
Bodega choisie pour la visite: la Rural, qui produit le vin San Felipe entre autres, et qui abrite un musée du vin.
Le cadre maginfique: les vignes avec au fond les sommets andins. En plus c'est la période des vendanges à Maipu, la bodega est donc en activité ce qui rajoute de l'intérêt à la visite.



Finalement pour terminer la journée, on a déjeuné dans un petit resto végétarien (suffisamment extraordinaire au pays de la viande pour être signalé), fait un tour dans l'immense Parque San Martin et enfin on s'est offert une glace sur la magnifique Plaza Independencia, place centrale de Mendoza.
J'ai quitté Mendoza avec un petit pincement au coeur, en regardant le soleil se coucher sur les Andes depuis la fenêtre du bus qui me ramenait vers Buenos Aires (c'est pathétiquement mélancolique et romantique je sais). J'avais l'intuition avant même d'y aller que ce coin me plairait (à cette époque là jamais je n'aurais envisagé le trek sur l'Aconcagua d'ailleurs), il m'a plus que plu, j'ai été séduite.